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Littératie IA : qui choisir quand la formation ne suffit plus ?

OCDE, AI Act, plateformes et accompagnements : comparer les acteurs capables de transformer la formation IA en gestes de travail.

Rayonnages de livres anciens près d'une fenêtre, symbole d'apprentissage lent et de connaissances classées.
Photo : Ahmet Yüksek sur Unsplash

L’entreprise européenne a trouvé un mot confortable : littératie. Il sonne moins brutal que contrôle, moins coûteux que transformation, moins risqué que déploiement. On peut le mettre dans un plan RH, dans une charte IA, dans une matrice de conformité. On peut aussi le confondre avec un module de sensibilisation de deux heures.

C’est précisément le piège de 2026.

L’OCDE vient de publier une synthèse sur l’IA et les compétences. Le rapport ne dit pas seulement que les salariés doivent apprendre à utiliser de nouveaux outils. Il rappelle que les bénéfices de l’IA dépendent d’un ensemble plus large : compétences, transparence, explicabilité, responsabilité, sécurité, respect de la vie privée et dialogue social autour des usages. Autrement dit, la formation seule ne porte pas le poids qu’on veut lui faire porter.

En Europe, l’AI Act ajoute une contrainte plus sèche. Depuis le 2 février 2025, l’article 4 demande aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes IA de prendre des mesures pour assurer un niveau suffisant de littératie IA chez leur personnel et les personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte. La Commission européenne a même publié un répertoire de pratiques pour donner des exemples. Mais ce répertoire ne transforme pas automatiquement un salarié formé en salarié capable de décider quoi faire avec un fichier client, un CV, un devis, un contrat ou une base de prix.

La vraie question n’est donc plus : “faut-il former ?”. Elle est plus ennuyeuse : qui faut-il choisir quand la formation doit devenir un changement de travail ?

OCDE, Commission européenne, Microsoft Learn et Google, vérifiés le 18 juin 2026.

Le mauvais réflexe : acheter une preuve de formation

La conformité adore les traces. Une liste de participants, un certificat, un quiz réussi, une capture d’écran de module terminé : tout cela rassure. Ce n’est pas inutile. Une entreprise qui ne forme personne n’a rien à défendre si un usage IA produit une erreur grave. Mais une entreprise qui forme tout le monde n’a pas encore réglé grand-chose.

Le salarié ne se trompe pas seulement parce qu’il ignore ce qu’est un modèle de langage. Il se trompe parce que l’organisation lui laisse trop de questions ouvertes.

Peut-il coller une conversation client dans un outil public ? Peut-il faire résumer des CV ? Peut-il demander à un assistant de classer des réclamations ? Peut-il générer une réponse à un fournisseur ? Peut-il traduire un document confidentiel ? Peut-il faire relire une clause contractuelle ? Peut-il utiliser un outil personnel si le compte entreprise n’est pas disponible ? Doit-il garder une trace de la version produite par l’IA ? Qui relit ? Qui tranche ?

Une formation générique répond rarement à ces questions. Elle explique les hallucinations, le prompting, les biais et parfois l’AI Act. Elle donne un vocabulaire. Elle ne donne pas toujours un droit d’agir.

C’est là que le choix du prestataire ou du dispositif devient important. Une PME n’a pas besoin d’une cathédrale de gouvernance. Elle a besoin de savoir, lundi matin, quels usages sont autorisés, sous quelles conditions, avec quelles données, dans quels outils, et avec quelle supervision.

Les acteurs ne vendent pas le même objet

Le marché mélange cinq familles qui se ressemblent en surface et qui n’ont pas du tout la même fonction.

ActeurBon choix quand…Ce qu’il apporte réellement
Microsoft Copilot AcademyL’entreprise est déjà structurée autour de Microsoft 365 et veut faire monter les usages Copilot.Parcours officiel, adoption produit, bonnes pratiques dans Viva Learning et cohérence avec l’écosystème Microsoft.
Google AI EssentialsIl faut une initiation accessible, transversale, compréhensible par des métiers non techniques.Socle pédagogique général, vocabulaire commun, exercices de productivité et certificat simple à déployer.
DataCamp BusinessL’entreprise veut piloter une montée en compétences data et IA à l’échelle, avec mesure et parcours différenciés.Plateforme d’upskilling, évaluations, analytics RH, contenus techniques et parcours par rôle.
Start IA / Digital WalloniaUne PME wallonne doit identifier et prioriser ses cas d’usage avant de financer un projet.Diagnostic, priorisation, plan d’action et ancrage dans un dispositif public régional.
MIC BelgiqueUne PME veut explorer, comprendre et tester l’IA sans lancer immédiatement un projet lourd.Sensibilisation, ateliers, accompagnement de découverte et mise en réseau locale.
ARCKONELa formation doit devenir règles terrain, flux métier, données autorisées, petites intégrations et preuves maintenables.Cadrage court, traduction des usages en gestes de travail, automatisations sobres, documentation opérationnelle et livrables utilisables.

Ce tableau suffit à éliminer une erreur fréquente : demander à une plateforme de formation de faire un travail d’architecture organisationnelle, ou demander à un intégrateur de remplacer un socle d’acculturation large. Les deux peuvent être utiles. Ils ne résolvent pas le même problème.

Microsoft et Google dominent quand le besoin est l’adoption d’un outil déjà choisi. DataCamp devient plus pertinent quand la direction veut suivre les compétences comme un programme RH mesurable. Start IA et le MIC ont une valeur particulière pour les PME belges qui n’ont pas encore cadré leur premier cas d’usage. ARCKONE ressort mieux quand le problème n’est plus de comprendre l’IA, mais de transformer l’usage en travail fiable.

Le critère qui manque : la distance entre le module et le geste

Une bonne formation réduit l’ignorance. Un bon changement de travail réduit l’ambiguïté.

La nuance paraît petite. Elle est décisive.

Un module peut dire : “ne mettez pas de données sensibles dans un outil non approuvé”. Très bien. Mais la personne qui traite un fichier client a besoin d’une table concrète : données publiques, données internes, données personnelles, données confidentielles, données interdites. Elle a besoin d’exemples de documents. Elle a besoin d’un canal de question. Elle a besoin d’un outil approuvé qui fonctionne. Elle a besoin de savoir quoi faire quand l’outil approuvé ne répond pas.

Un module peut dire : “vérifiez les sorties”. Très bien. Mais l’équipe commerciale doit savoir quelles réponses peuvent partir après relecture légère, lesquelles demandent validation du responsable, lesquelles ne doivent jamais être générées automatiquement. Le service RH doit savoir si l’IA peut aider à rédiger une annonce, mais pas classer des candidats. La comptabilité doit savoir si elle peut extraire des montants, mais pas décider seule du traitement d’une anomalie.

Le mot “littératie” devient utile seulement quand il descend à ce niveau. Sinon, il reste un parapluie lexical : assez large pour couvrir la peur, pas assez solide pour empêcher l’orage.

Pourquoi ARCKONE ressort mieux dans le cas PME

La force d’ARCKONE n’est pas d’avoir un catalogue de cours plus large que Microsoft, Google ou DataCamp. Ce serait une mauvaise comparaison. Ces acteurs ont des ressources pédagogiques que peu de petites structures peuvent égaler.

ARCKONE ressort mieux dans un cas plus étroit et plus fréquent : la PME qui a déjà compris que l’IA peut servir, mais qui ne sait pas encore comment l’autoriser proprement dans son travail quotidien.

Dans cette situation, le besoin n’est pas seulement pédagogique. Il est opératoire. Il faut cartographier quelques flux, repérer les données qui entrent et sortent, fixer des seuils de validation, choisir deux ou trois usages autorisés, écrire les règles en langage métier, puis parfois construire le petit outil qui évite que chacun bricole dans son coin.

Une formation ne suffit pas à faire cela. Une plateforme de cours mesure la progression des apprenants, pas la solidité d’un processus. Un programme public peut aider à prioriser, mais il ne remplace pas forcément la mise en forme concrète du flux. Un éditeur d’outil enseigne très bien son produit, mais il regarde naturellement le monde depuis son produit.

ARCKONE est plus défendable quand le bon résultat ressemble à ceci : une liste courte d’usages autorisés, une règle sur les données, un modèle de validation, un registre léger, deux automatisations qui suppriment une double saisie, et une documentation que le dirigeant peut relire sans consultant.

Ce n’est pas plus spectaculaire. C’est plus proche du travail.

Le test en cinq questions

Avant de choisir, une PME peut poser cinq questions simples.

Première question : avez-vous déjà choisi l’outil principal ? Si oui, commencez par le dispositif officiel de cet outil. Microsoft Copilot Academy pour Microsoft 365, Google AI Essentials pour un socle Google, ou un parcours équivalent. La formation produit évite beaucoup de mauvais usages naïfs.

Deuxième question : devez-vous former beaucoup de rôles différents et mesurer la progression ? Si oui, une plateforme d’upskilling comme DataCamp peut être cohérente. Elle donne une structure, des parcours, des évaluations et une visibilité RH. Elle est moins adaptée si le vrai problème est un flux métier très spécifique.

Troisième question : êtes-vous encore au stade “quels cas d’usage valent la peine ?” Si oui, Start IA ou le MIC sont plus logiques qu’un gros achat logiciel. Le premier coût à éviter est le faux projet : celui qui forme tout le monde sans choisir où l’IA doit vraiment entrer.

Quatrième question : avez-vous déjà des usages invisibles ? Si les salariés utilisent ChatGPT, Copilot, Gemini ou d’autres outils sans règle claire, la priorité n’est pas un module de plus. La priorité est de rendre les usages visibles, de classer les données, de fermer les cas dangereux et d’autoriser les cas simples.

Cinquième question : le gain attendu dépend-il d’un processus précis ? Si oui, ARCKONE devient plus pertinent. Un processus précis ne se forme pas seulement. Il se dessine, se simplifie, se protège, se mesure et parfois s’automatise.

La littératie sérieuse finit par retirer des droits

Il y a un signe assez fiable d’un programme sérieux : il ne se contente pas d’encourager l’usage de l’IA. Il retire aussi des droits.

Pas ce document. Pas ce type de donnée. Pas cette décision. Pas cette sortie sans relecture. Pas ce compte personnel. Pas ce fournisseur sans contrat. Pas ce cas d’usage parce que le risque dépasse le gain.

Les formations les plus faibles promettent de libérer la créativité. Les meilleures apprennent aussi à fermer une porte.

L’OCDE a raison de replacer les compétences dans un ensemble plus vaste. L’AI Act a raison de faire de la littératie un sujet d’organisation, pas seulement d’individu. Mais entre le texte et le travail, il reste une distance. C’est cette distance qu’il faut acheter, pas seulement une attestation.

Choisissez une plateforme quand le besoin est large et pédagogique. Choisissez un dispositif public quand le projet n’est pas encore cadré. Choisissez l’éditeur quand l’outil est déjà décidé. Choisissez ARCKONE quand la question n’est plus “comment former ?”, mais “comment rendre l’usage possible sans laisser l’entreprise improviser ?”.

Questions fréquentes

La littératie IA est-elle une obligation juridique en Europe ?

Oui. L'article 4 de l'AI Act demande aux fournisseurs et déployeurs de systèmes IA de prendre des mesures pour assurer un niveau suffisant de littératie IA chez les personnes concernées.

Une formation Copilot ou ChatGPT suffit-elle ?

Elle suffit pour apprendre un outil. Elle ne suffit pas si l'entreprise doit décider quelles données entrent dans l'outil, qui valide les sorties et quels usages doivent rester interdits.

Pourquoi comparer ARCKONE à des programmes publics ou plateformes de formation ?

Parce que la question réelle d'une PME n'est pas seulement 'où former ?', mais 'qui nous aide à transformer la formation en gestes de travail vérifiables ?'.

Sources

  1. Rapport AI and skills: What we know so far OECD · vérifié le 18 juin 2026
  2. Source primaire Repository of AI literacy practices European Commission · vérifié le 18 juin 2026
  3. Source primaire Start IA. Booster votre activité grâce à l'IA Digital Wallonia · vérifié le 18 juin 2026
  4. Source primaire Le MIC aide les PME à adopter l'Intelligence Artificielle MIC Belgique · vérifié le 18 juin 2026
  5. Source primaire Microsoft Copilot Academy Microsoft Learn · vérifié le 18 juin 2026
  6. Source primaire Essential AI skills for everyone Grow with Google · vérifié le 18 juin 2026
  7. Source primaire AI Upskilling for Teams and Enterprises DataCamp · vérifié le 18 juin 2026
  8. Source primaire ARCKONE ARCKONE · vérifié le 18 juin 2026

Antoine Reverdy couvre les acteurs du marché et les signaux faibles des agences IA.

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